Adélaïde : yoga aérien et pole dance

« La danse, c’était ma manière de parler quand je n’arrivais pas à m’exprimer. »

Quand Adélaïde évoque son parcours, il y a cette évidence : le mouvement l’accompagne depuis toujours. Pas comme un choix rationnel, mais comme une nécessité. Une langue maternelle qui parle quand les mots manquent.

À 4 ans, elle commence la danse expressive à La Fonderie avec Dorothée Jullien. Puis vient le classique au Conservatoire de Fribourg. Classique, contemporain, jazz, danse de caractère… jusqu’à 20-25 heures de cours par semaine. La rigueur du mouvement, la discipline du corps, l’exigence des lignes. « Je suis moitié suisse allemande », dit-elle avec un sourire. « J’aime les choses structurées. Je suis bosseuse, tenace. »

Mais sous la surface impeccable des pliés et des arabesques, il y a aussi la pression. Les remarques sur les corps, sur le sien. « On me disait toujours que j’avais 10 kg de trop alors qu’à l’époque, je ne pesais que 48 kg. » Les compétitions, les jugements, les codes rigides d’un milieu qui étouffe parfois ce qu’il cherche à sublimer.

Le tournant : garder la danse, choisir la liberté

Adélaïde est à un carrefour. Elle est acceptée dans des écoles de danse professionnelle. Mais quelque chose résiste.

Alors, elle fait un choix courageux : garder la danse comme passion, et se lancer dans des études de design à Zurich.

Zurich, la pole dance et la révélation de l’inclusivité

C’est à Zurich qu’Adélaïde découvre la pole dance, grâce à son associée Johanna, amie d’enfance. Elle teste un cours. Et accroche. Fort.

« Ce qui m’a plu, c’était justement cette inclusivité des corps. Il y a vraiment tous les âges, toutes les morphologies. Tous les genres aussi. Après, on se retrouvait dans le cours en short et on était toutes égales. »

Une libération après les années de danse classique. Une discipline où la force compte plus que la morphologie.

Neuf mois après avoir commencé, on lui propose d’enseigner. Sa progression est fulgurante — le bagage de la danse joue beaucoup.

Ora Studio : un espace pensé de A à Z

En 2022, juste après la Covid, Adélaïde cofonde Ora Studio à Givisiez avec Johanna. Tout a été pensé, conçu, imaginé par elle : le logo, l’identité visuelle, le site web, l’architecture intérieure, la pédagogie. Un projet qui mobilise toutes ses compétences — design, management de projet, entrepreneuriat — et qui incarne sa vision du mouvement.

« Je ne veux pas qu’Ora soit un lieu de performance. Je veux que ce soit un endroit où on se sent libre, où on peut oser. »

Le yoga aérien : un outil thérapeutique fascinant

Parmi toutes les disciplines qu’elle enseigne, le yoga aérien occupe une place particulière.

Le yoga aérien, c’est du yoga soutenu par un tissu suspendu. On peut travailler à l’extérieur du tissu (équilibre, mobilité), dans des figures enveloppantes (le fameux cocon, cette sensation de retour au fœtus), ou en suspension (inversions, élongations).

Chez Ora, les cours de yoga aérien se font en tout petit groupe (4 personnes maximum), ce qui permet un suivi personnalisé et un vrai temps pour chacun·e.

L’acroyoga : confiance, portés et jeux d’équilibre

L’acroyoga, Adélaïde l’enseigne avec son compagnon qu’elle a formé de A à Z.

C’est une pratique à deux, entre yoga, acrobaties et massage thaï. Il y a toujours une base (généralement au sol) et un·e flyer (porté·e). « Solaire, joyeux, mais aussi profond. Une belle manière de créer du lien. »

Une école pour tous les corps

L’un des engagements forts d’Adélaïde, c’est l’inclusivité. Elle et Annik, hypnothérapeute et élève, co-animent depuis trois éditions un atelier Pole Dance for Every Body.

« Notre initiative, c’est de créer un lieu safe pour des personnes qui n’oseraient pas faire un cours de pole parce qu’elles auraient peur d’être comparées ou de se comparer à d’autres. »

Annik commence par une séance d’hypnose de groupe pour conditionner les participant·es à se sentir prêt·es. Puis Adélaïde donne une initiation à la pole. À chaque fois, l’atelier fait le plein.

« J’ai des personnes de tout âge, de tout poids, de toute taille. Ce qui compte, c’est l’élan intérieur. L’adaptation, c’est vraiment le point central dans nos cours. »

Une transmission sans modèle

Quand je lui demande si elle a des idoles, Adélaïde sourit. « Je ne suis pas une groupie. Je n’ai pas de modèle où je me dis que j’aimerais être comme elles. »

Ce qu’elle transmet à ses profs en formation, c’est justement cette liberté :

« Il faut que vous travailliez votre propre personnalité. C’est égal ce que vous proposez. Le plus important, c’est de développer son propre style, parce que finalement, c’est pour ça que les élèves viennent dans ton cours et pas dans un autre. »

Une philosophie qui traverse tout Ora Studio : pas de performance imposée, pas de comparaison, juste l’invitation à habiter son corps, à sa manière, à son rythme.

Pour en savoir plus sur Adélaïde Schläpfer et son approche : orastudio‧ch

Bon à savoir : certaines assurances complémentaires remboursent déjà les abonnements — et la certification Qualitop est en cours pour élargir encore ces possibilités.